Les écoquartiers en France

Conçus et construits à des périodes plus ou moins lointaines, avec des objectifs et des ambitions hétérogènes correspondant à leur contexte territorial et politique, les écoquartiers existants en France et en Europe sont de différents types. Les plus anciens et les plus aboutis se situent en Europe du Nord où les habitants, les élus et les professionnels sont sensibilisés et formés depuis de nombreuses années au développement durable.

Quelques points communs

Tous les écoquartiers, quelles que soient leurs ambitions et leur taille, accordent une place primordiale à la qualité de vie, à une efficacité énergétique des bâtiments, à un approvisionnement élevé en énergies renouvelables, à des mesures de gestion écologique du cycle de l’eau et des déchets, à des actions participatives de leurs habitants, etc. Mais, malgré des objectifs initiaux souvent ambitieux, la mesure de leurs performances réelles, sur ces différents champs, est généralement malaisée.

Enfin, la plupart de ces quartiers s’inscrivent dans des territoires densément peuplés et visent souvent une urbanisation compacte. De générations en générations … Coauteur d’un rapport de recherche sur les démarches pilotes de construction durable en Europe, Daniela Belziti , du Centre scientifique et technique du bâtiment, distingue trois générations d ‘écoquartiers.

Les années soixante-dix

Selon l’auteur, la première génération d’écoquartiers, « [ … ] les prote-quartiers durables des années soixante-dix s’inscrivaient dans la lignée des utopies de retour à la nature, ils prirent en Europe du Nord la forme d’écovillages. Les techniques de construction les plus radicales pouvaient y être mises en oeuvre.

 Les années quatre-vingt-dix

Dans les années quatre-vingt-dix se développèrent ensuite une deuxième génération, les « quartiers démonstrateurs ». Ce sont des quartiers sur lesquels les villes communiquent particulièrement et qui sont nés d’ initiatives diverses:

  • les quartiers réalisés à l’occasion d’un événement de grande envergure : c’est le cas dans le quartier de Kronsberg à Hanovre (Allemagne), créé en marge de l ‘organisation de l’ Exposition universelle de 2000. La ville suédoise de Malmëi, à l ‘occasion de [‘Exposition européenne de l ‘ habitat en 2001, a réalisé sur une friche portuaire la première phase du quartier Vastra Hammen ;
  •  les quartiers programmés dans le cadre d’une politique de développement durable d’agglomérations tels que Hammarby Sjëistad à Stockholm (Suède) ou Vikki à Helsinki (Finlande) ;
  • les quartiers nés à l ‘initiative d’associations d’habitants : Vauban à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), Eva-Lanxmeer à Culemborg (Pays-Bas) ;
  •  les quartiers mis en oeuvre par un promoteur écologiste. C’est assez rare en Europe mais beaucoup plus courant en Amérique du Nord. Un exemple bien connu en Europe est le quartier de BedZeD à Beddington (Royaume-Uni). Ces quartiers sont de tailles très variables : 250 habitants à BedZeD, 10 000 à  Malmo et plus de 30 000 habitants à Hammarby Sjëistad à Stockholm.

La génération actuelle

La troisième génération d’écoquartiers serait celle qui émerge actuellement. La France représente bien cette troisième génération avec les nombreux projets qui ont vu le jour ces dernières années. Les écoquartiers ont en effet fait l’objet d’un engagement fort du Grenelle de l’environnement, avec comme ambition, avant 2012 (en continuité avec l’existant et intégré dans l’aménagement d’ensemble), d’au moins un écoquartier dans toutes les communes qui ont des programmes de développement de l’habitat significatif.

Ainsi, le lancement du concours « EcoQuartiers » est l’une des principales initiatives du Plan ville durable lancé en 2008 par le MEEDDM suite au Grenelle de l ‘environnement. En réponse à cet appel à projets, 160 dossiers d ‘écoquartiers ont été proposés par les collectivités locales et le Grand Prix National Ecoquartier 2009 a été décerné à la ville de Grenoble pour la ZAC de Bonne. Mais face à ce foisonnement d’initiatives, le risque est aujourd’hui que « tout nouveau projet d’aménagement soit baptisé écoquartier » . Il faut donc se féliciter de cette dynamique, mais s’assurer en parallèle d’un réel changement dans les pratiques de conception, de réalisation et de fonctionnement du quartier. On reste sur sa faim.

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