Les intérêts du chauffage urbain

Un réseau de chaleur (ou réseau de chauffage urbain) est une installation comprenant une ou plusieurs chaufferies (production) qui alimentent en chaleur plusieurs points de livraison (clients) via un ensemble de canalisations (réseau de distribution). En France, le chauffage urbain est un service public dont le fonctionnement est la plupart du temps confié à une entreprise privée, ou à une société d’économie mixte (SEM), au travers d’une délégation de service public (DSP) – en concession ou en affermage.

Exceptionnellement, certaines collectivités locales font le choix de conserver ou de retrouver une gestion en régie. Dans certains pays d’Europe, les réseaux de chaleur assurent une part très importante des besoins de chauffage : 95 % en Islande, 50 % en Suède et en Norvège. En France, les quelques 450 réseaux de chaleur recensés distribuent 28 451 GWh soit seulement 5 à 6 % de la chaleur consommée dans le résidentiel et le tertiaire, équivalant à 1,2 millions de logements alimentés (dont environ la moitié sont des logements sociaux) .

Les énergies fossiles (fioul, gaz, charbon) représentent encore 69 % du mix énergétique, les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) 31 % (croissance de 7 % par an) dont seulement 8 % (croissance de 12 % par an) provient de la biomasse et de la géothermie, le solde étant fourni par l ‘ incinération d’ordures ménagères. Tous les nouveaux réseaux qui se créent chaque année utilisent majoritairement des énergies renouvelables.

Avantages des réseaux de chauffage urbain

Une opportunité pour améliorer l’environnement et diminuer les émissions de C02 La concentration des unités de production et la centralisation du fonctionnement assurent une facilité de mutation importante et permettent de mobiliser facilement les énergies renouvelables ou peu émettrices de C02 disponibles. Ces dernières peuvent être d’ origines diverses : biomasse, géothermie profonde ou encore énergies de récupération (ou énergies fatales) issues du traitement des déchets ou de l’industrie. Les études montrent que la mutualisation des capteurs solaires en optimise largement le rendement, cependant leur usage reste encore embryonnaire dans les réseaux de chaleur.

Une source de production locale et efficace d’énergie

La centralisation du pilotage permet l’optimisation des productions et une amélioration de rendement global. Pour la biomasse ou les cogénérations, les traitements, filtrage et contrôle des fumées ainsi que la gestion de l’approvisionnement et du stockage du combustible sont plus efficients au travers de centrales thermiques de fortes puissances et mutualisées.

Les réseaux de chaleur alimentés en EnR&R consomment des énergies locales qui contribuent à la réduction de la dépendance énergétique et au soutien de l’activité économique locale. Le chauffage urbain est l ‘unique moyen de distribuer les énergies de masse issues de la géothermie profonde et des sites industriels qui nécessitent un investissement initial important.

Quelques contraintes malgré tout

En contrepartie, des obstacles techniques ou économiques freinent actuellement le développement du chauffage urbain : Le coût très important d’installation des réseaux impose des montages financiers et contractuels complexes qui entraînent un sentiment de manque de transparence et une grande hétérogénéité des prix pratiqués.

Les clients des réseaux de chaleurs sont historiquement les grands bailleurs immobiliers ou les promoteurs. Ils sont encore peu intéressés à l’augmentation de l’investissement au profit de l’usager final. Ils privilégient encore régulièrement les solutions plus conventionnelles (électricité ou gaz) qui permettent une individualisation à moindre coût. La longueur des canalisations de distribution entraîne des pertes thermiques limitées par l’efficacité des calorifuges.

Le chauffage urbain est économiquement plus efficace dans un milieu urbain relativement dense. Le réseau de chauffage urbain doit naturellement fait partie des solutions à envisager lors de la réalisation d’un écoquartier (neuf ou en réhabilitation) ou plus généralement dans le cadre d’une réflexion globale sur la maîtrise de la demande énergétique au niveau d’une commune ou d’une communauté de communes.

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