Qu’est-ce qu’un écoquartier ?

Écoquartier ? Quartier durable ? Ces termes sont entrés dans notre langage commun mais leur sens reste encore parfois flou. Que signifient-ils exactement ? Quelles différences avec un quartier « classique » ? Quel intérêt avons-nous à construire des écoquartiers ?

Éco-quartier, éco quartier, ou quartier durable, de quoi parlons-nous ?

En France, le terme écoquartier l’a emporté dans le langage courant, largement diffusé par le MEEDDM depuis l’appel à projet EcoQuartier lancé en 2009. Pour le ministère, ces projets « ne se limitent pas à des réponses techniques liées, par exemple, à la qualité énergétique, mais s’étendent aux questions essentielles du développement durable : le pilier social et sociétal, le pilier économique et le pilier environnemental ».

Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin proposent quant à eux une définition transversale, basée sur l’articulation des différentes échelles et objectifs : « Un projet de quartier durable (ou d’écoquartier) se caractérise par la mise en oeuvre d’une démarche projet visant à répondre – à son échelle – aux enjeux globaux de la planète, aux enjeux locaux afin d’améliorer la qualité de vie de ses habitants et usagers, et de contribuer à la durabilité de la ville.

Ecoquartier/quartier, quelles différences?

Les préoccupations des trois piliers du développement durable dans l’aménagement ne sont pas une découverte récente. Elles étaient déjà présentes dans les grands documents de planification régionale, certes sous un autre vocabulaire, mais répondaient néanmoins à des enjeux qui ne se posent pas aujourd’hui dans les mêmes termes. Ainsi en 1965 en Île-de-France, s’organisait la croissance, intégrant des préoccupations sociales, notamment en termes de condition de logement.

En 1976, on parle déjà de maîtriser l’étalement urbain et de préserver le patrimoine architectural et naturel. Le SDRIF de 1994 (Schéma directeur de la région Île-de-France) intègre un volet environnemental pour la sauvegarde des ressources naturelles (eau, biodiversité). Quelle est alors la nouveauté ? Un écoquartier ne serait-il pas simplement un projet urbain bien conçu ? La particularité des écoquartiers est l ‘approche, non plus segmentée ou thématique, mais globale et systémique du développement durable. En outre cette approche se concrétise dans un contexte nouveau, particulièrement du point de vue environnemental et énergétique. Cette prise en compte globale a amené deux nouveautés essentielles :

• une nouvelle attitude à l’égard de l ‘aménagement et du développement territorial avec, outre le souci toujours présent de l ‘articulation des échelles territoriales et des temporalités (court, moyen, long terme), une prise en compte de la transversalité des questions, de leurs impacts mutuels, et du respect de la diversité de point de vue des parties prenantes ;

• la prise de conscience des enjeux climatiques et énergétiques : le risque de réchauffement climatique, la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi toutes les conséquences des pénuries et du renchérissement des énergies fossiles et des diverses ressources non renouvelables.

Pourquoi réaliser des écoquartiers ?

Un écoquartier intègre des enjeux globaux car il prend place dans la ville, qui doit elle-même également devenir durable pour que les objectifs – en termes de consommations énergétiques, d’émissions de gaz à effet de serre, de biodiversité, etc..-que se sont fixés les gouvernements puissent être atteints. En effet, près des trois quarts de la population européenne est urbaine. La ville, lieu de forte concentration de population, représente donc un enjeu majeur pour les mutations à venir. Une conception raisonnée est indispensable pour lutter notamment contre l ‘étalement urbain, la pollution ou les inégalités sociales, parfois exacerbées par le milieu urbain.

Dans la problématique de la ville durable née del’« après Rio » (juin 1992), le quartier constitue une échelle intéressante pour expérimenter un urbanisme durable car des solutions imaginées pour le quartier, puis expérimentées dans le quartier, peuvent être reproduites ensuite à l’échelle de la ville, l’expérience acquise à travers celui-ci doit pouvoir s’étendre à la ville durable. La ville de Masdar est par exemple un projet de ville écologique qui a saisi la mesure des enjeux environnementaux et économiques que représentent le développement durable et les énergies renouvelables.

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